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 Ultima Ratio Regum [Fantasy/OS]

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Fudôshin
Petit Scribouillard
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MessageSujet: Ultima Ratio Regum [Fantasy/OS]   Sam 7 Mai - 12:02

Ultima Ratio Regum

Auteur : Fudôshin
Disclaimer : Les personnages sont à moi, les décors aussi, si tant est qu’il y en ait.
Genre : Fantastique/ One shot
Résumé : Le dernier argument des rois…


La fraîcheur de la nuit apportait des odeurs inédites. Trois humains couraient, répandant derrière eux leurs odeurs. Debout sur le toit du petit temple en ruine Juniper cherchait les trois humains du regard. Débouchant sur le chemin pavé menant au temple, le premier courait à perdre haleine poursuivi par les deux autres. Plus grand et plus endurants ils ne tardèrent pas à le rattraper. Juniper prit son élan et sauta sur le plus proche, l’entraînant au sol.

- T’as un problème ? demanda le deuxième en secouant le plus petit comme un prunier.
- Votre odeur ne me plait pas. Vous polluez mon air.
- T’as les narines sensibles ? continua le voyou.
- Lâche-le et tire-toi, répliqua Juniper en le fixant droit dans les yeux.

Le voyou lâcha le garçon qu’il tenait par le col de sa chemise et se jeta sur Juniper. Elle l’esquiva et l’attrapa par l’oreille. L’obligeant à se baisser, elle lui envoya un coup de genou dans l’estomac. Son acolyte se jeta sur la jeune fille qui l’étala d’un seul coup de poing au menton. Les deux compères se relevèrent comme ils purent et prirent leurs jambes à leurs cous. Juniper renifla et se tourna vers le troisième garçon resté au sol. Il s’était assis et frottait son genou droit contusionné. Juniper s’agenouilla devant lui et lui sourit.

- ça va ?
- O…Oui.
- Tant mieux.
Juniper se releva et se dirigea, sans un mot, vers le temple en ruines.
- Hé, attends !
La jeune fille se retourna et leva un sourcil.
- Tu m’as sauvé…
Juniper haussa les épaules.
- Ils allaient me tuer, enchaîna le garçon de peur qu’elle s’en aille, comment est-ce que je peux te remercier ?
- Viens avec moi, répondit laconiquement Juniper.

Elle l’entraîna à l’intérieur du vieux temple. Elle se dirigea sans aucune hésitation vers l’autel et dégagea les branches de lierres qui masquaient l’escalier menant à la crypte. Le garçon frissonna de peur mais quelque chose lui disait qu’il devait faire confiance à cette jeune fille qui l’avait sauvé.
La crypte était une petite pièce circulaire creusée à même la pierre tendre où étaient aménagée de nombreuses niches. La plupart d’entre elles étaient vides, quelques-unes contenaient encore des pots de terre cuite où reposait autrefois des reliques saintes.
Sans hésitation Juniper se dirigea vers le mur du fond et disparut. Le jeune garçon resta ébahi quelques secondes et s’approcha du mur. Il y posa une main timide et senti le contact froid de la pierre, bien solide sous ses doigts. Soudain une main sortit du mur, agrippa son poignet et le tira vers la muraille. Il ferma les yeux, se préparant au choc mais il traversa le mur comme si il n’avait pas existé.

- Co…Comment est-ce possible ?

Juniper haussa de nouveau les épaules et l’entraîna dans le corridor qui s’étendait devant eux. Ils empruntèrent un escalier qui rejoignait la surface et débouchèrent dans une grotte naturelle. L’entrée de la grotte donnait sur une clairière entourée de chênes. Elle se dirigea, toujours sans aucune hésitation vers un des arbres et grimpa sur la première branche, puis sur la seconde et ainsi de suite jusqu’à une plateforme aménagée sur une fourche solide. Elle déroula une échelle de corde et fit signe au garçon de monter.
Un fois en haut, il contempla la plateforme elle n’était pas faite de planches comme on aurait pu s’y attendre mais de branches entrelacées. Au dessus se trouvait une deuxième plateforme servant de toit à la première et encore au-dessus un toit de feuille protégeait l’ensemble de la pluie et des intempéries. La cabane n’était pas construite sur l’arbre mais en arbre. Juniper avança un rondin au garçon et l’invita d’un signe de tête à s’asseoir. Il accueillit la proposition avec plaisir car son genou commençait à le faire sérieusement souffrir. La jeune fille grimpa sur la seconde plateforme et revint avec un sac de toile. Elle en sortit du coton qu’elle imbiba de teinture d’iode avant de tamponner doucement l’arcade sourcilière du garçon puis les diverses plaies qu’il avait aux bras.

- Comment t’appelles-tu ? lança soudainement Juniper en sortant de son mutisme.
- Lan-pa-thom.
- Hé bien, Homme-du-couchant, tu as un joli nom mais un peu long, il faudrait te trouver un surnom.
- Tu connais la signification de mon nom ?
- Je sais aussi que tu es né loin d’ici et que ta vie est en danger.
- Comment… Tu passes au travers des murs, tu parles une langue disparue, Qui est-tu ?
- Une question à la fois, Homme-du-couchant ! Je m’appelle Juniper. Pour ce qui est de ta vie, il suffit de voir ce qui crève les yeux.
- Ça ne répond pas à ma question.
- Je l’ai senti à ton odeur, expliqua Juniper en rangeant sa trousse de secours.
- Tout à l’heure aussi tu as fait mention des odeurs. Je ne peux pas sentir d’où viennent les gens. C’est humainement impossible.
- Bien vu, l’aveugle. Je ne suis pas humaine enfin pas tout à fait.
- C’est possible ?
- Bien sûr ! s’écria Juniper en lui envoyant une pichenette sur le front, je suis un semi démon !

Lan-pa-thom leva un sourcil, songeur, comment pouvait-on être un semi démon ? En admettant que les démons existent évidement. Mais ne venait-il pas lui-même de traverser un mur quelques minutes plus tôt.

- Qu’est ce que …, commença Lan-pa-thom.
- Un semi démon ? Difficile à dire. Cela peut être un humain dont l’un des parents est un démon. Ou comme dans mon cas un humain qui partage artificiellement son corps avec un démon.
- Je ne comprends pas très bien.
- Pour faire clair : j’ai deux âmes la mienne, humaine, et celle d’un démon, qui cohabitent dans mon corps.

Le garçon n’en croyait pas ces oreilles. Cette file devait être folle, complètement folle.
- Tu ne me crois pas, hein ?
- Euh…C'est-à-dire que…

Juniper ferma les yeux lança le plus terrible rugissement que Lan-pa-thom eut jamais entendu. Ses yeux étaient devenus rouges, écarlates même, avec une pupille de chat d’un noir intense.
- Convaincu maintenant ?
La voix de Juniper était devenue grave et rocailleuse. Elle évoquait au garçon un pays rempli de rocs noirs luisants et de brume épaisse, d’une mélancolie incomparable.

- Je m’appelle Seven, je partage le corps de Juniper depuis de nombreuses années. Tu ferais mieux de jouer franc jeu avec nous, sinon…
Le garçon resta sans voix tandis que Juniper reprenait le contrôle de son corps.
- Comment peut on partager son corps avec un démon et surtout pourquoi ?
- Oh ça. Nous l’avons oublié depuis longtemps. Quel âge as-tu ?
- 17 ans.
- Devine quel âge j’ai ?
- Euh…19 ans.
Juniper éclata de rire.
- Qu’est-ce que j’aimerais avoir encore 19 ans. Sérieusement. J’ai 147 ans.
- 147 !?
- C’est si étonnant que ça ?
- C’est humainement impossible.
- Je ne suis pas humaine, martela Juniper en lui donnant des petits coups sur la tête. Puisque tu ne me crois pas je vais t’emmener voir quelqu’un qui pourra te le confirmer.
- Ça ne pourrait pas attendre demain ? demanda Lan-pa-thom en baillant.
- Non, la lune est en train de se coucher et je ne veux pas la rater.

Elle agrippa le garde fou et sauta les dix mètres qui la séparaient du sol comme si de rien était. Lan-pa-thom descendit comme il pu l’échelle de corde et clopina derrière Juniper qui s’enfonçait déjà parmi les arbres.
Une immense falaise se dressait en plein milieu de la forêt. Creusée de dizaine de grottes naturelles et artificielles, cette falaise avait été le refuge de nombreux saints et ermites des siècles plus tôt. Aujourd’hui royaume des chauves souris et autres créatures nocturnes, elle était crainte par la population de la vallée qui la pensait maudite. Juniper commença à escalader le mur, Lan-pa-thom pas très rassuré à sa suite.
Elle entra dans une grotte naturelle peu engageante. Le boyau étroit luisait sous la pale lumière de la lune, donnant à la grotte l’aspect d’une bouche monstrueuse prête à avaler quiconque en franchirait le seuil. Une cavité éclairée par la lumière dorée des lampes à huile et occupée par un trône d’obsidienne noire de jais fermait la grotte.
Mais ce fut plus la créature qui se tenait sur le trône que l’aspect de la salle qui laissèrent le garçon sans voix. Une femme sans âge, la tête posée sur la main, se tenait là. Une couronne de baies cramoisies était posée sur ses cheveux, jadis blonds, teintées de fils d’argent. Ses yeux émeraude transpercèrent le garçon.

Agenouillée Juniper prit la parole :
- Merci de nous recevoir Jetsunéma.
- Ainsi voilà donc l’homme-du-couchant, Il te faut un autre nom pour retourner chez toi et montrer ta vraie valeur. Je vais te le donner mais tu devras faire quelque chose pour moi en échange. Tu suivras les instructions de Seven.

Pendant que la femme parlait Juniper s’était transformé et s’était installée près du trône où la femme lui grattait le menton de sa main libre. Lan-pa-thom ouvrit la bouche mais le regard furieux de Juniper, plutôt de Seven l’empêcha de commencer sa phrase.

- Je vais répondre à ta question. Je suis la mère de tous les démons. Je ne les ai pas créé mais ils me révèrent en tant que leur mère. Je les conseille et il me donne ce dont j’ai besoin. Ainsi sans bouger je sais ce qui se passe, je sais ce qui se dit, je sais ceux qui doivent être puni ou récompensé. Et je vais te donner ton nom. Tu seras maintenant Remaï. L’Invincible. Et maintenant va.

Seven hocha la tête, s’inclina et entraîna Remaï, car ainsi s’appelait maintenant Lan-pa-thom. Juniper reprit le contrôle de son corps, ordonna au garçon de descendre de la falaise et de l’attendre en bas. Il commença lentement la descente et elle retourna auprès de Jetsunéma.

- Tu es sûre que ce garçon convient ? demanda Jetsunéma
- C’est un des derniers représentant d’un vieux peuple. Son oncle le traite mal. Tout ce qu’il veut c’est un peu de considération. Nous, tout ce que nous voulons c’est retrouver notre statut de divinités. Je pense que les deux sont compatibles.
- Fais ce que tu as à faire.
- Bien Jetsunéma.
Juniper s’inclina et partit retrouver Remaï qui l’attendait au pied de la falaise.

Les jours passèrent paisiblement. Juniper, et parfois Seven, enseignait à Remaï tout ce qu’il avait à savoir sur sa culture et sur les démons. Il du apprendre la hiérarchie des démons, leurs différentes espèces, leurs pouvoirs respectifs, les moyens de les soumettre et de les déchaîner. Et toute une foule d’autres informations.

Pendant ce temps dans la vallée, Akou cherchait Remaï qui s’était qui s’était enfui de la briqueterie familiale et qui avait rossé férocement deux apprentis partis à sa recherche. Les deux apprentis avaient en effet préféré raconter qu’il avait été malmené par le garçon que par une jeune fille sortie de nulle part.

L’orage menaçait. L’air lourd et chaud était oppressant. Juniper descendit de l’étage de sa cabane et remit à Remaï une tunique et un pantalon blanc ainsi qu’une paire de sandale de la même couleur. Le garçon portait toujours la chemise et le bermuda qu’il avait le jour de sa rencontre avec Juniper, deux mois plus tôt. Elle remonta pour lui laisser le temps de se changer. Lorsqu’elle redescendit quelques minutes plus tard. Elle avait également changé de vêtements. Entièrement vêtue de cuir noir elle portait des bottes à bout ferré et des bracelets fait d’une seule plaque d’acier rutilant qui lui couvrait les avant bras aux trois quarts. Elle examina la tenue du garçon, posa une main rassurante sur son épaule et dit simplement :
- Il est temps.

Ils empruntèrent en sens inverse le chemin qu’il avait prit le premier jour pour se rendre à la clairière. Arrivé à l’endroit de leur rencontre, Juniper le laissa partir devant et le suivi en sautant d’arbre en arbre. Remaï marchait lentement en arrivant aux abords du village il fut reconnu par le forgeron qui courut porter la nouvelle. Arrivé sur la place centrale, le garçon s’arrêta net et attendit que toute la population se rassemble autour de lui.

- Tu es revenu, Chien, hurla son oncle, je vais t’apprendre à rosser mes apprentis et à déshonorer ma maison !
- Je suis Remaï, dit le garçon avec calme.

Akou s’arrêta net. Remaï. Chaque membre de son peuple connaissait ce nom. L’Invincible. Mais Akou n’avait jamais parlé de cette légende à son neveu. Cela ne pouvait être qu’une coïncidence.

- Ce n’est pas là ton nom, Chien.
- C’est celui que la mère des démons m’a donné.

Un murmure parcouru l’assemblée. Rares sont les êtres humains qui ont vu la mère des démons et qui en ont réchappé. Cela constituait un exploit.

- Tu mens, Chien, continua Akou.
- Seven, murmura Remaï.

Un bruit provenant des bois fit lever la tête aux villageois. Ils purent ainsi observer Seven sautant de toit en toit afin de rejoindre Remaï.
- C’est un démon ! Abattons-la, cria un des apprentis.

Les villageois d’un seul élan se jetèrent sur Seven qui esquivait les coups à une vitesse prodigieuse et mettait ses adversaires hors de combat sans les tuer voire même sans les blesser. Un des chasseurs du village, qui ne se séparait jamais de son arc, décocha un trait d’une telle puissance qu’il vint se ficher droit dans l’épaule gauche de Seven. Le démon le regarda droit dans les yeux et sans le quitter du regard arracha la flèche dont la pointe de silex grinça sur l’articulation. Un flot de sang noir jaillit et la blessure se referma aussitôt comme si la flèche avait raté sa cible.
Bientôt il ne resta plus que Remaï, tout de blanc vêtu qui n’avait pas bougé d’un pouce, Akou qui voulait absolument tuer son neveu, et Seven léchant son propre sang sur la pointe de la flèche. L’oncle se jeta sur Remaï mais Seven l’assomma en pleine course. Les femmes et les enfants ressortirent de leurs cachettes, heureux que personne n’ait été blessé. Un à un les combattants revenait à eux. Seven se plaça près de Remaï et apostropha le peuple.

- Voici Remaï, l’Invincible. Dernier de son peuple et maintenant votre Roi. Nous, Démons reconnaissont en lui courage et sagesse. Acclamez votre Roi.

Les villageois élevèrent Remaï en triomphe et il devint un roi bon et juste. Les troubadours chantent ses louanges et il resta un modèle pour tous pendant de longues années.

- Tu as eu ce que tu voulais June.
- Moi ? J’ai fait ça par altruisme.
- Je te connais June. Cela fait 128 ans que tu attends ça.
- Attendre quoi Jetsunéma ?
- D’entrer dans la légende. C’est bien pour cela que tu as accepté la compagnie de Seven. Tu ne l’as jamais oublié, June.
- C’était mon rêve à dix-neuf ans.

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